Troisième album pour ce duo bruitiste lo-fi détraqué mené par le jeune chanteur Nathan Williams et… redéfinition totale du groupe.
Les deux premiers opus de Wavves abordaient un son volontairement crade, saturé à outrance, un vrai bazard à l'efficacité supersonique pouvant pousser mamie vers la défenestration. Pour certains, inaudible et insupportable pour d'autres un vrai bonheur de défouloir foutraque (là je parle pour moi, excellent accompagnement pour bosser sur certains projets). Bref, une hécatombe sonique redoutable bienvenue dans une période souvent trop lisse.
King Of The Beach marque un renouveau sur deux aspects. Le premier concerne la formation elle même : le départ du batteur d'origine laisse la place à deux rescapés du regretté Jay Reatard, Billy Hayes (batterie) et Stephen Pope (basse). Le second est en quelque sorte la conséquence de ce mouvement : tenant compte de l'univers sale et abrasif des parutions précédentes, le style s'est considérablement épuré gagnant en mélodies et homogénéité sans pour autant s'assagir.
Wavves revendique clairement avec King Of The Beach sa "surfpunkattitude" – comme beaucoup trop de groupes au revival punk à roulettes me direz-vous – mais l'approche se veut moins consensuelle que ses contemporains et certains de ses aînés, en effet, même si la majorité des morceaux pourraient faire l'affaire sur les ondes d'un campus californien, on mettrait plutôt Wavves du côté cramoisi de la plage et non côtoyant les rebelles de luxe du punk mélodique au son et l'imagerie bien (trop) astiquée.
Au premier abord King Of The Beach est frontal, attaque directement avec le morceau du même nom comme un hymne à la jeunesse agitée. Dès les premières notes, les habitués des opus précédents prennent une claque monumentale… exit le bazar innommable et génial, ici la mélodie est clairement perfectible… même bien dessinée… un héritage évident des membres de Jay Reatard qui se développe et surprend sur les morceaux à venir.
Pour ne pas développer dans le détail, on dira que Wavves nous embrouille à merveille en violant comme il se doit quelques références du genre punk et d'autres horizons. On y croise pêle mêle du Pixies hédoniste, du Pavement jovial, du Nirvana shooté au soleil, du Rancid chanté par des pré-ados comme du NOFX déguelasse… bref, ça joue avec les codes, et ce pour mieux les dépasser. Le résultat est jouissif, les sons saturés désordonnés et noisy s'appuient sur des mélodies qui claquent même sur des morceaux aux rythmiques plus posées et aux chœurs aussi simpl(ist)es qu'enivrants.
Intéressant à constater, l'album attaque fort sur les premiers morceaux pour mieux aborder la suite. En effet, à mi-chemin de King Of The Beach, on découvre un univers déroutant qui nous conforte dans l'idée que le surf-punk cramoisi est une facette pour mieux nous séduire et nous piéger. D'une première partie haletante en passant par une magnifique pause à la Raveonettes, Wavves nous amène vers un son plus tempéré, singulier, sans perdre en facétie. Avec du recul on réalise que l'ensemble est d'une étonnante cohésion, que Wavves développe son propos pour nous amener plus loin… à sa guise.
King Of The Beach dépasse donc le simple opus d'ados
pré-pubères en recherche de sensations fortes, ces gars là, aussi
jeunots soient-ils, nous leurrent avec leurs poses de branleurs
fumeurs de beuh des bacs à sables et c'est une formidable
surprise…
Un morceau, et deux clips sur NeiL's MySpace
L'écoute gratuite du single King Of The Beach, c'est par ici !
Interview video live ci-dessous ;-)






Commentaires