Première chronique de rap. Un style qui parfois
déplais mais depuis quelques années en pleine
mutation, pouvant attirer les réfractaires au genre.
Le label Anticon y est pour quelque chose, dénichant des
artistes ouvrant des voies peu ou jamais explorées, avec des
formations essentielles et uniques comme 31 God, Jel, Dr. Octagon,
K-OS, et Buck 65 à ses débuts, ayant aujourd'hui
opté pour une major tout en gardant son indépendance
artistique.
Avec Anticon et des groupes comme Buck 65, nous sommes loin du rap " bling bling" stéréotypé de banlieue balançant du gros beat sur des clips bourrés de girlies à moitié nues autour de gros lards "black" (de préférence) remplis de billets, de champagne, de guns et de divers signes ostentatoires de richesse.
Ici, place à l'érudition, l'actu et l'humour qui se
distingue de ses contemporains. L'album précédent,
"Secret House Against The World (2005)" était un
mélange unique et particulièrement réussi de
country white trash et de chant scandé, un rap pouvant
plaire à un public très divers et non habitué
au genre. Situation renoue avec le hip-hop classique sans virer
dans le "old school", réaffirmant son attachement à
ce genre tout en se distinguant par le côté ludique.
La thématique de cet opus : 1957, la guerre froide,
l'Internationale Situationiste... une démarche remarquable,
le rap est ici un support cohérent avec l'histoire, sans
être pénible, l'humour à divers degrès
est toujours de la partie rendant le phrasé grave et sec
plus abordable sur ce hip-hop nickel.
Cette fois ci Buck 65 ne joue pas la carte de
l'expérimentation, le hip-hop tient une place essentielle,
permettant de mettre en valeur une histoire avec quelques
respirations instrumentales fougueuses rendant l'ensemble moins
dense. Le grain de voix du Canadien est toujours aussi unique,
collant bien au décor planté par cette nouvelle
aventure, restant accessible et érudie, il fait partie des
"vieux potes" qu'on aime bien retrouver et faire
connaître.

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