Après la britpop moderne de British Sea Power, cette
semaine le registre musical change radicalement avec... du
blues...
Certains risquent de faire demi tour en lisant ma première
phrase, pourtant j'engage justement ceux-ci à tendre
l'oreille du côté de Seasick Steve.
Cet étonnant papy qui vivait dans la rue depuis l'âge
de 14 ans a cumulé les petits boulots, les galères,
la prison... c'est dans ce contexte, au contact des quartiers
pauvres que ce hobo (un terme américain désignant les
sans-abris qui voyagent sur les trains de marchandises) a fait la
connaissance du blues. Ayant un certain temps travaillé dans
les studios d'enregistrement comme technicien ou homme à
tout faire, il décide au début des années 90,
de quitter le Tennessee pour Seattle. Il y créé son
studio qui sera fréquenté par des groupes indie comme
Modest Mouse, Bikini Kill et, bien sûr, les groupes grunge
propre à cette époque et cette ville, dont un gamin,
nommé Kurt Cobain qu'il conseillera et influencera
même dans l'esprit et le style.
A l'âge où tout le monde raccroche, Seasick Steve,
armé de sa singulière guitare (tout juste trois
cordes) et d'une boîte métallique en guise de
percussions enchaîne les concerts avec une fraîcheur,
un engagement et un charisme incroyable. Son blues n'est pas pour
autant une caricature d'SDF recyclé, l'écriture est
authentique exprimant avec force et énergie ses
expériences grinçantes et parfois amusantes. La voix
rugueuse, puissante et poignante évoque les pionniers du
genre avec un supplément de trash et de folie admirablement
canalisés dans ce blues viscéral.
Le blues oldschool noir renaît et se fait une fraîcheur
par un vieux blanc barbu qui pue la bière et l'animal.
www.seasicksteve.com
www.myspace.com/seasicksteve

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