Il a fallu trois singles l’année passée pour attendre avec velléité la sortie de cet album éponyme… l’ouvrage d’un groupe composé de deux filles qui dominent le chant et deux garçons relayés aux cœurs et arrangements.
Voici donc 12 titres oscillant entre garage rock, (surf) rock 60’s et tons brunis, lumières indirectes, harmonies subtiles… le tout délivré de manière spontanée et énergique, parfaite bande son de cet automne.
Veronica Falls, comme la précédente chronique de Cloud Control – dans un registre très différent – n’a pas la prétention de réinventer un genre ou de proposer un concept innovant, chez eux l’intérêt est ailleurs.
Cette formation vocalement menée par Roxanne Clifford évolue dans un univers qui fera autant le bonheur des érudits de la scène indépendante du début des 90’s que les kids des années 2000 en passant par les inconditionnels d’un garage rock intemporel.
Question références, vu le parti-pris, beaucoup se bousculent au portillon. On pense à Lush dans l’interprétation éthérée du duo féminin, puis aux Pixies pour certaines constructions mélodiques et traitements de (surf) guitares aux lignes claires, Breeders dans le jeu de basse / chant. The Jesus and Mary Chain se manifeste parfois dans le traitement noisy-pop, Felt apparaît dans une trame indie-pop. Pour l’aspect plus “daté“ on a l’impression que de lointains Beach Boys se sont féminisé accélérant leur répertoire à coup de punk rock… Malgré cette collection de noms (re)connus nous venant à l’esprit, l'album Veronica Falls évite l’écueil nostalgique du garage rock et du shoegaze.
La force du groupe est d’arriver dans une palette sonore volontairement limitée à assimiler d’illustres références du passé sans se cantonner aux artistes cités ci-dessus, intégrant leur touche actuelle qui mêle amertume et chants lumineux, un son à la limite du sale, brut et spontané. C’est d’ailleurs cette spontanéité qui nous frappe, effaçant du coup toutes les références revendiquées par Veronica Falls, cette attitude donne incontestablement un ton intemporel à ce premier album.
Celui-ci nous propose de la légèreté, des tensions, un brin de mélancolie sur des accords souvent dissonants, des mélodies pop imparables, un côté à la fois brouillon et lisse, une énergie toujours présente même lorsque le rythme ralentit… Ce mélange d’ingrédients efficaces produit un disque addictif, agissant comme un remontant à la “sombritude“ qui nous guette.
Veronica Falls arrive avec économie de moyen et sans prétention à tutoyer les sommets avec une authenticité désarmante, signant l’air de rien un grand disque, un des meilleurs de l’année !
Un morceau de Veronica Falls et la playlist des artistes chroniqués sur NeiL's MySpace
5 vidéos llustrant cet article sur la chaîne YouTube des Sons CosmoChroniques
Site officiel de
Veronica Falls
Le clip Beachy Head, le morceau Right Side of My
Brain, et le clip Bad Feeling à voir et écouter sur
les trois précédents posts… enjoy ;-)









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